Soin spéculatif

Camille Lescarbeau

2 avril au 23 mai 2026

Vernissage le 2 avril 2026 de 18h à 20h

Entrée libre
Présentée par le Centre culturel Georges-Vanier en partenariat avec artch
Sous le commissariat de Jézabel Plamondon


Camille Lescarbeau présente une installation qui occupe presque tout l’espace de la salle d’exposition. Entièrement réalisée à partir de matières récupérées, l’œuvre prend la forme d’un piédestal monumental en escalier, constitué de boîtes moulées en pulpe de papier. 

Le rapport de pouvoir entre les objets est renversé : ici, la sculpture sert d’excuse à la fabrication de son support. Cette installation nous invite à réfléchir aux objets destinés à disparaître et aux gestes qui tentent de ralentir leur disparition.

Texte de la commissaire – Jézabel Plamondon

De toute manière, il y aura toujours une marge d’indécision.

Alors que certains objets sont créés pour vivre des vies trépidantes, les emballages connaissent leur fin, leur vie entière, dès leur conception. Ils emballent, ils protègent, puis sont jetés. Ils ne vivent que pour les autres. Leur arrivée et leur départ dans le régime de l’utile doit se faire le plus silencieusement possible. Ils encombrent.

Elle se retrouve avec l’envie de ralentir et d’accélérer le deuil, de rompre le récit anticipé.

Il semble qu’il soit parfois raisonnable de refuser la disparition. Quand tout craque et peut se dissiper à tout moment, toucher ce qui est palpable devient la seule façon d’être en vie. L’envie de garder, de transformer, de donner forme, de ne pas laisser partir s’impose comme un mécanisme de survie.

Il ne suffit pas d’aller vite pour ne pas s’ennuyer.

Les objets qui entrent dans la collection de Camille sont activés au moment où ils fendent, se déchirent. Elle les aime et donc elle les broie pour les sauver. Ils se laissent noyer. Sa pratique repose sur un déclic, un déclenchement : la chose collectionnée est soudainement prête à devenir pulpe. La coquille craque.

Elle choisit d’être attentive à ce qui patiente en elle.

Le piédestal, comme l’emballage, est au service de ce qu’il préserve. On pourrait croire que cette relation crée un rapport hiérarchique ; et pourtant, sans le protecteur, le protégé perd sa valeur. C’est le gardien qui rend ce qu’il garde précieux. En ce sens, l’objet précieux a besoin de son présentoir pour exister. Sans lui, la magie s’envole.

Elle interrompt le départ prévu des objets, les protège de l’oubli avant qu’il ne soit trop tard.

Et je contemple l’idée inacceptable de ma propre fin.


À propos de l’artiste


Camille Lescarbeau est une artiste-artisane écoféministe basée à Montréal. Titulaire d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM et d’un baccalauréat de l’Université Concordia, elle a présenté son travail au Canada et à l’international, notamment au Banff Centre for Arts and Creativity, à la NARS Foundation (New York) et au Musée de Rimouski. Son travail a également été exposé dans plusieurs centres d’artistes et galeries, et soutenu par le Conseil des arts du Canada et le Conseil des arts et des lettres du Québec.

Sa pratique, centrée sur le papier fait à la main à partir de matières récupérées, explore les notions de lenteur, de matérialité et de soin. Elle partage régulièrement ses recherches à travers des expositions, des ateliers et des rencontres publiques.

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Nous remercions la Microbrasserie 4 Origines pour la mise à disposition de ses produits.